Réfugié ou protection subsidiaire : les premiers pas vers l'emploi
Avec le statut de réfugié ou la protection subsidiaire, vous avez le droit de travailler en France, sans autorisation de travail. Les premiers pas sont le contrat d'intégration républicaine, l'inscription à France Travail et la reconnaissance de vos diplômes.
L'Ofpra ou la CNDA vous a accordé une protection. C'est une étape importante : vous pouvez maintenant construire votre vie professionnelle en France. Cet article présente les premières démarches, dans l'ordre, selon les règles officielles publiées au 27 octobre 2026. Pour une question précise sur votre dossier, adressez-vous à l'OFII, à la préfecture ou à la structure qui vous accompagne.
Votre droit de travailler
Bonne nouvelle : avec une protection internationale, votre employeur n'a pas besoin de demander d'autorisation de travail. Votre titre de séjour vous autorise à travailler en France, selon service-public.gouv.fr. Avec la protection subsidiaire, la fiche officielle précise que vous pouvez être salarié ou indépendant.
Le titre de séjour dépend de votre protection :
- Statut de réfugié : vous recevez une carte de résident de 10 ans. Elle est gratuite pour vous. En attendant la carte, l'attestation qui porte la mention « reconnu réfugié » vous permet aussi de travailler.
- Protection subsidiaire : vous recevez une carte de séjour pluriannuelle, valable 4 ans au maximum.
Demander votre carte
Pour les réfugiés, la demande se fait en ligne, sur le site de l'ANEF, dès que vous recevez le courrier qui vous reconnaît réfugié. Une attestation de dépôt est délivrée tout de suite. La préfecture a 3 mois, à partir de la décision, pour délivrer la carte.
Pensez aussi aux renouvellements : la demande se fait en ligne, entre 4 et 2 mois avant la fin de votre titre en cours (c'est ce que précise la fiche sur la protection subsidiaire). Un titre expiré peut bloquer votre inscription à France Travail et vos démarches d'emploi.
Étape 1 : le contrat d'intégration républicaine (CIR)
Le contrat d'intégration républicaine est signé avec l'État, à l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration). Selon service-public.gouv.fr, il concerne les réfugiés et les membres de famille des personnes protégées. Si vous avez la protection subsidiaire, vérifiez votre situation auprès de l'OFII.
Le CIR comprend :
- Un entretien à l'OFII. Votre niveau de français, à l'écrit et à l'oral, est évalué. Le contrat vous est présenté avec une traduction dans une langue que vous comprenez.
- Une formation civique obligatoire : 4 sessions, 24 heures au total.
- Une formation de français, si votre niveau est inférieur au niveau A2. Elle peut durer jusqu'à 600 heures. Une fois acceptée, elle devient obligatoire.
- Un conseil en orientation professionnelle. L'OFII peut vous orienter vers France Travail ou vers une mission locale pour un entretien approfondi.
Le contrat dure 1 an. Il peut être prolongé d'1 an au maximum, pour un motif légitime.
Notre conseil : prenez la formation de français au sérieux. C'est elle qui ouvre la plupart des portes vers l'emploi, et vers les formations qualifiantes.
Étape 2 : le programme AGIR
AGIR signifie « Accompagnement global et individualisé des réfugiés ». Ce programme existe bien, et il est en place dans presque toute la France métropolitaine.
Selon la publication officielle du ministère de l'Intérieur (février 2026) :
- AGIR propose un suivi personnalisé vers l'emploi, le logement et l'accès aux droits.
- Il s'adresse aux personnes protégées qui ont signé le CIR.
- L'accompagnement dure 2 ans au maximum.
- Avant juillet 2025, le programme était déployé dans 92 départements.
L'accès à AGIR n'est pas automatique pour tout le monde. Lors de votre rendez-vous à l'OFII, demandez si vous pouvez entrer dans ce programme dans votre département.
Étape 3 : vous inscrire à France Travail
L'inscription à France Travail vous donne accès aux offres d'emploi, à un conseiller, et à des financements de formation.
Selon francetravail.fr :
- L'inscription se fait en ligne, sur francetravail.fr.
- Il faut un document de séjour valide qui autorise à travailler, délivré par la France. Un document provisoire peut suffire s'il remplit les mêmes conditions.
- Vous indiquez le numéro AGDREF et la date de fin de validité de votre titre. Vous pouvez être convoqué en agence pour montrer l'original.
- Attention : l'inscription prend fin le lendemain de l'expiration de votre titre. D'où l'importance de renouveler à temps.
Avant votre premier rendez-vous, préparez une liste simple de vos expériences, même sans contrat ou à l'étranger. Votre conseiller pourra ainsi vous proposer des pistes adaptées.
Étape 4 : faire reconnaître vos diplômes
Si vous avez un diplôme étranger, demandez une attestation de comparabilité au centre ENIC-NARIC France. Elle indique le niveau de votre diplôme par rapport aux diplômes français. Les employeurs et les écoles la comprennent mieux qu'un diplôme qu'ils ne connaissent pas.
Selon service-public.gouv.fr :
- L'attestation coûte normalement 120 €. Selon le centre ENIC-NARIC France, elle est gratuite pour les réfugiés, les demandeurs d'asile et les personnes sous protection subsidiaire ou temporaire, avec un justificatif (par exemple la décision de l'OFPRA ou de la CNDA).
- La demande se fait en ligne. La réponse arrive dans un délai maximum de 4 mois.
- L'attestation n'est pas obligatoire et n'a pas de valeur juridique. Mais elle facilite vos candidatures.
Pour les professions réglementées (santé, droit, enseignement…), la procédure est différente. Elle dépend du métier. Renseignez-vous auprès du centre ENIC-NARIC avant toute démarche.
Étape 5 : vous former
Selon votre projet, une formation peut être utile pour adapter vos compétences au marché français, ou pour changer de métier.
- Votre conseiller France Travail peut étudier avec vous un projet de formation et son financement.
- Le compte personnel de formation (CPF) peut financer, entre autres, des formations de français langue étrangère pour les signataires du CIR, selon service-public.gouv.fr.
Le guide « Se former », en bas de cette page, présente les solutions près de chez vous.
Par où commencer cette semaine ?
Vous avez beaucoup de démarches. Ne les faites pas toutes en même temps. Commencez par celle qui bloque les autres : souvent, c'est le titre de séjour, puis le rendez-vous à l'OFII, puis l'inscription à France Travail.
Pour savoir quelle est votre prochaine étape, le diagnostic ToFrance est une suite logique : il est gratuit, dure 5 minutes, existe en 10 langues dont l'arabe, le dari, le pachto et l'ukrainien, et se termine par une action concrète à faire sous 48 heures. Si votre situation le demande, un conseiller humain vous rappelle sous 48 heures.